Essai Volvo V60 Plug-in Hybrid : Pure hybrid power!

Si le segment des monospaces cède peu à peu du terrain à celui des crossovers et autres SUV, bon an mal an, les breaks continuent eux de séduire une clientèle familiale fidèle. Ainsi, si le SUV XC60 est le modèle le plus vendu des véhicules Volvo, les breaks de la gamme continuent de très bien se vendre et c’est notamment le cas du V60. Il est vrai que le constructeur est un spécialiste du genre. Le V60 bénéficie même de toute l’attention de la part des ingénieurs car Volvo car il n’est, ni plus ni moins que le modèle le plus techniquement avancé de la gamme dans sa version PiH. Entendez par-là qu’il est le premier break Plug-in hybrid -autrement dit hybride rechargeable- diesel du marché. Un véhicule abouti que Volvo décrit comme “une voiture électrique, une voiture hybride et une voiture hautes performances tout en un”. Rien que ça! Après une belle découverte de la Volvo V40 Cross Country (relire ici), il n’en fallait pas moins pour me donner envie d’essayer de V60 Plug-in Hybrid afin de voir s’il se montre à la hauteur de ce que le constructeur annonce. Verdict.

Un ambassadeur de choix.

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Volvo communique assez peu sur le V60 Plug-in Hybrid. En effet, les capacités de production de ce modèle sont limitées à 10 000 exemplaires par an et le constructeur n’a pas de mal à vendre cette production, notamment dans les pays dont la fiscalité pour les modèles hybrides est avantageuse. En France, Volvo est par ailleurs confronté au fait que notre marché privilégie les SUV et les monospaces aux breaks. Le V60 PiH bénéficie chez nous de 4000€ de bonus écologique. Un montant important qui se relativise cependant vite face aux 57 000€ du tarif de base du modèle. Voilà deux raisons pour lesquelles Volvo ne peut pas trop investir en communication sur ce modèle. Mais elle le met en avant via un ambassadeur de choix en la personne de Franck Cammas. Le navigateur, partenaire de Volvo depuis 2012, roule en effet au quotidien au volant d’un V60 Plug-in Hybrid. Un choix qu’il justifie ainsi : “L’histoire de Volvo est très étroitement liée à celle de la voile et je suis très attaché à la marque avec laquelle j’ai écrit l’une des plus belles pages de ma carrière sportive. Je suis heureux de pouvoir démontrer maintenant à tous qu’il est possible de se déplacer quotidiennement à bord du V60 Plug­in Hybrid. Son autonomie de 50 km en pure électrique va me permettre d’effectuer mes déplacements domicile ­travail sans aucunes émissions dans un total respect de l’environnement. Je pourrai pleinement profiter du mode hybride lors de mes déplacements à travers la France“.

Un break et du style…

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Si pour vous un break Volvo est un break à l’allure carrée synonyme de déménageur, alors il est temps que vous alliez faire un tour dans la concession Volvo la plus proche de chez vous. Depuis quelques années, les formes cubiques ont laissé place à beaucoup d’élégance et de fluidité dans les traits. Le V60 PiH reprend le style du V60 “classique” à savoir une ligne tendue avec une surface vitrée qui se réduit vers l’arrière afin de donner une allure sportive à l’ensemble. Une impression renforcée par la face avant qui, depuis le restylage de 2013, a troqué ses phares doubles par des phares au dessin plus fin mais aussi plus simple tandis que les feux de jour à LED prennent place dans le pare-choc.

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A l’arrière, l’impression de dynamisme est renforcée par la lunette inclinée qui se prolonge comme toujours chez Volvo jusqu’au-dessus de l’emplacement de la plaque d’immatriculation. On apprécie ce détail stylistique caractéristique des Volvo tout comme les feux droits qui encadrent la même lunette. A quoi distinguer alors que nous sommes en présence de la version PiH? A l’emplacement de branchement de la charge situé sur l’aile avant gauche, à la double sortie d’échappement et à la baguette chromée “Plug-in Hybrid” en bas du hayon et deux discrets badges sur les ailes. Ici, point de logo qui change de couleur, de phares à fond spécifique ou de mentions “vertes” à tous les étages. Chez Volvo, on sait rester élégant et discret et on n’a pas besoin d’afficher au plus grand nombre son côté écologique. On apprécie! Pour un design encore plus expressif, sachez que le V60 PiH est depuis peu disponible en finition R-Design. De quoi ajouter un brin supplémentaire de sportivité!

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Bien-être suédois…

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A l’intérieur, quiconque sera déjà monté à bord d’une suédoise ne sera pas dépaysé. On retrouve ainsi l’agréable console centrale suspendue –qui devrait à terme disparaître si l’on se fie aux images de l’intérieur du nouveau XC90– qui regroupe l’ensemble des commandes qui tombent parfaitement sous la main. Contrairement à d’autres, je suis plutôt adepte de l’ergonomie de Volvo qui veut que chaque fonction est un bouton. Déroutant au début, mais on s’y habitue ensuite très vite! On apprécie aussi les agréables sièges en cuir au design caractéristique ou encore l’instrumentation à affichage digital adaptatif (reprise de la V40) que vous pouvez configurer. Avec, bien entendu ici, outre les modes habituels Eco, Elegance et Performance, un mode “hybride” sur fond bleu très agréable. On plébiscitera également le vaste écran central même si le fait qu’il soit tactile soit ici totalement inutile! Il est en effet trop haut et trop enfoncé dans la planche de bord pour pouvoir l’utiliser confortablement. Au final, après deux ou trois essais, vous l’utiliserez donc via les molettes de la console centrale! L’ensemble se montre bien fini avec des matériaux de qualité même si cet intérieur semble avoir pris un petit coup de vieux quand on le compare à celui de la V40. Question habitabilité, le V60 PiH n’a pas à rougir et offre de la place pour chaque passager même si, comme dans toute voiture, on sera mieux à quatre à bord, la cinquième place étant inconfortable à cause de l’accoudoir dans le dos mais aussi de l’imposant tunnel de transmission. Autre bon point : les rangements. Le V60 Plug-in Hybrid est doté d’un frein de parking électrique ce qui libère donc un vaste espace de rangement entre les deux sièges avants, complété par une vaste boite à gants et des bacs dans toutes les portes. Un sans-faute donc? Pas tout à fait.

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Car qui dit break dit chargement. Surtout quand on parle d’un break Volvo. Quand on a compris que la marque fait d’importants efforts sur le style, on pardonnera alors de perdre quelques litres. Mais si je vous dis que le V60 Plug-in Hybrid embarque ses batteries sous le plancher du coffre. Vous m’avez compris? Et oui, celui-ci s’en trouve donc fortement impacté… Déjà petit pour la catégorie avec 430 litres, il passe ainsi à 305 litres dans cette version Plug-in Hybrid…Il vous faudra alors apprendre à voyager léger ou, moins esthétique mais plus pratique, opter pour le coffre de toit durant les départs en vacances! Volvo se rattrape un peu en offrant une banquette arrière qui se rabat en trois parties 40/20/40. Utile!

Pure hybrid power?

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Si ce petit coffre pourra décevoir, n’oublions pas que l’innovation majeure de ce break prend place sous son capot et son architecture technique. Le V60 Plug-in Hybrid, premier hybride rechargeable diesel, affiche en effet sur le papier des caractéristiques étonnantes. Pour le côté écolo, on retiendra 48g de CO2/km. Pour l’économie, une autonomie en tout électrique de 50 km et le fait qu’il puisse recharger en quelques heures seulement sur une simple prise de courant son moteur électrique de 68 ch. Pour la sécurité, le fait qu’il puisse être 4 roues motrices (traction thermique couplée à la propulsion arrière électrique des roues arrières) comme nous le signale d’ailleurs Volvo sur le hayon arrière avec la mention AWD. Et pour la performance, le moteur 5 cylindres diesel D6 de 215 ch -déjà une belle valeur-  puissance qui pourra être portée à 280 ch avec l’apport de la propulsion électrique. Voilà un cocktail qui s’annonce séduisant, le tout accompagné d’une boite automatique classique Geartronic à 6 rapports. Pour découvrir tout cela, il convient d’utiliser le commutateur des trois modes –Pure, Hybrid, Power– situé sur la console centrale. C’est ce que nous avons donc fait 🙂

Pure…

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Nous voici partis en mode “tout électrique”. Pour cela, la ville est le terrain de jeu idéal. Si les véhicules hybrides commencent peu à peu à faire partie du paysage, la majorité ont une autonomie électrique très limitée. Aussi, on avance “sans bruit” pendant seulement quelques mètres et, dès qu’on accélère, le thermique reprend de la voix. Ce n’est pas le cas avec le V60 Plug-in Hybrid. Et les passants ne sont surtout pas habitués à voir une voiture de cette taille se déplacer sans rien de plus que le bruit des pneus sur la chaussée. On en épate donc plus d’un au volant du V60 PiH. Mais le plus surpris restera le conducteur. On roule en effet facilement à 50km/h en ville en tout électrique. Et sur des axes plus rapides comme un périphérique, on pourra conserver le mode tout électrique jusqu’à 70 km/h voire bien plus. Pour cela, il faut cependant garder le pied léger car le véhicule se veut réactif et n’hésitera pas à basculer en mode hybride pour réanimer le D6 si vous le sollicitez trop brusquement. En ville, on pestera alors un peu contre la direction très lourde qui rend ce break moins maniable qu’on ne l’aurait pensé. Heureusement, sa silhouette permet de conserver une bonne visibilité en manoeuvre et, au besoin, on sera aidé par les aides au stationnement et la caméra de recul! C’est aussi en ville qu’on appréciera le régulateur de vitesse adaptatif et sa fonction “embouteillage”. Loin d’être un gadget, ce régulateur intelligent est un régal puisqu’il peut gérer totalement les réactions de la voiture jusqu’à la stopper si le trafic s’interrompt. Et le moteur redémarrera et accélérera de nouveau si le trafic se dégage. Vous n’avez alors qu’à vous occuper d’une seule chose, le volant. Reposant! Et réellement efficace. Je me souviens encore du C4 Picasso qui a déboulé devant moins au dernier moment sur le périphérique. Le V60 l’a immédiatement détecté et a stoppé sa marche pour repartir ensuite. Je n’aurais moi-même pas été plus réactif! Si Volvo revendique une autonomie en tout électrique de 50 km, je suis parvenu de mon côté à faire 45 km. Pas mal!

Hybrid…

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C’est le mode que vous allez le plus fréquemment utilisé. Passés les premiers kilomètres de roulage en tout électrique, vous aurez bien entendu besoin du moteur thermique D6 pour mouvoir les 1900 kg de ce break : ce dernier entrera en fonction dès que cela devient nécessaire. Vous disposez alors d’un break confortable à la puissance agréable de 215 chevaux! De quoi permettre des performances très honorables tout en affichant une consommation moyenne de 4,5l sur un parcours routier de 70 km avec un départ en ville de 10 km environ. C’est moins bien qu’annoncé -1,8 l/100 km- mais une valeur plus qu’honorable compte-tenu de la puissance et du poids du modèle. Le mode hybrid est le mode par défaut au démarrage du V60 PiH car il gère seul l’utilisation électrique/thermique nécessaire au conducteur. Vous l’apprécierez donc au quotidien surtout qu’il est parfaitement épaulé par la boite automatique à 6 rapports Geartronic. C’est là qu’on voit tout le travail effectué par les ingénieurs de Volvo : le passage de l’électrique au thermique et vice-versa se fait dans une douceur absolue. Aucun à-coup, aucun manque de puissance ou de réactivité, on reste bluffé par la discrétion du système et le travail effectué par la boite de vitesses. On est très loin –et très au-dessus en terme d’agrément– de la boite de vitesses robotisée des Hybrid4 Peugeot Citroën –qui utilise par ailleurs une propulsion hybride assez similaire– ou encore de l’archaïque variateur d’une Toyota Prius! Sur autoroute, vous pourrez également choisir de recharger un peu votre autonomie électrique (environ 15 km) en passant en mode Save. Alors, seul le moteur thermique fonctionne et recharge également les batteries électriques. Mais attention, la consommation fait alors un bond de 30%! C’est aussi sur autoroute que vous apprécierez le plus la panoplie d’aides électroniques déployées par le V60 Plug-In Hybrid : le régulateur adaptateur bien sûr, mais aussi le BLIS (détection dans l’angle mort), l’aide au franchissement involontaire de ligne ou encore les feux de route permanents. Entendez par là que le véhicule reste toujours en “plein phare”. Lorsque vous croisez un véhicule, le système obscurcit la partie qui éblouit habituellement l’autre conducteur. Un système comme toujours avec Volvo très efficace… mais aussi très déroutant au début!

Power…

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Choisir un break, c’est souvent un choix de raison, la voiture du “bon père de famille” dit-on. Choisir un break Volvo V60, c’est aussi aimer le style et un certain art de vivre. Choisir un break V60 D6, c’est ne pas totalement se résigner à abandonner le plaisir de conduire. Tout en ayant une conscience écolo lorsqu’on le choisit en version Plug-in Hybrid. Aussi, Volvo a décidé de récompenser les gentils pères de famille à l’esprit écolo en dotant son break hybride d’un mode Power. Enclencher ce mode c’est révéler une autre facette de la personnalité du V60 Plug-in Hybrid. Celle de la performance. Ici, les moteurs thermique et électrique travaillent de concert pour délivrer une puissance cumulée de 280 chevaux! Ca s’entend d’ailleurs car le moteur D6 se fait moins discret tandis que la pédale d’accélérateur devient bien plus réactive. Et là, l’expression “plaisir de conduire” prend tout son sens. La voiture se montre très performante avec un 0 à 100 km/h effectué en 6,1 secondes. Une valeur pas du tout galvaudée car j’ai presque réussi à la reproduire! Le mode Power transforme également le V60 PiH en 4 roues motrices et la tenue de route, déjà excellente, est alors impossible à prendre en défaut. La voiture est rivée à la route et il est quasiment impossible de faire glisser le train arrière même en enchainant les courbes sur une route de campagne -fermée, je vous rassure!-. On prend alors un vrai plaisir à voir travailler sur l’écran de contrôle central les deux moteurs ensemble tandis qu’on observe également que l’autonomie électrique chute à vue d’oeil! C’est avec une conduite dynamique qu’on apprécie alors la lourdeur de la direction qui, en ces conditions, se montre alors très sécurisante. Malgré son poids, le V60 PiH fait montre d’une agilité surprenante et le père de famille que vous êtes devrait sortir de ces quelques kilomètres en mode “Power” avec le sourire. C’est dans ces conditions intensives que l’on apprécie le plus les bienfaits du duo électrique/hybride car la consommation reste contenue en demeurant sous la barre des 7l. Peu de breaks de 280 ch seraient capables d’une telle performance!

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Le plus sécuritaire : AWD.

Chez Volvo, on ne néglige jamais la sécurité. Aussi, le V60 PiH se présente comme un break 4 roues motrices permanent. Il l’est en effet, de manière passive. Si les conditions l’exigent, le moteur électrique activera les roues arrières. Mais vous pouvez aussi choisir : en mode Power, on l’a vu. Mais aussi à tout moment en activant la touche AWD figurant sur la console centrale. Rassurant en hiver mais aussi si vous avez besoin de vous aventurer hors des sentiers battus. Il faudra cependant garder à l’esprit qu’il faut, pour cela, avoir de la batterie! Rassurez-vous, si ce n’est pas le cas, le moteur thermique travaillera avec plus d’efforts pour maintenir un niveau de batterie suffisant afin que les roues arrières puissent fonctionner. Bref, les ingénieurs Volvo ont vraiment pensé à tout!

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Le verdict :

Bluffant ce Volvo V60 Plug-in Hybrid offre réellement, comme l’annonce Volvo, plusieurs voitures en une. On apprécie le fonctionnement tout électrique avec une autonomie correcte et un temps de charge raisonnable. Au quotidien, on ne peut que saluer le fonctionnement hybride tout en douceur et les qualités de confort, de conduite et de performance de ce break. Ajoutez à cela un niveau d’équipements très élevé et un réel plaisir de conduire, le V60 Plug-in Hybrid se présente comme l’un des véhicules hybrides les plus aboutis du marché tout en offrant des consommations faibles en utilisation hybride (aux alentours de 5l en utilisation “réelle”). On lui reprochera donc une seule chose : son volume de coffre, presque indécent pour un break, un comble pour une voiture familiale! Mais c’est sans doute le prix à payer pour pouvoir conduire un bijou de technologie. Enfin non, il y a aussi l’autre prix, celui que vous payerez vraiment. Et là, disons-le, le V60 Plug-in Hybrid ne sera pas accessible pour toutes les familles. Il démarre à plus de 57 000€, soit 10 000€ plus cher qu’une Peugeot 508 RXH, plus habitable mais moins aboutie et moins performante. Dans l’univers du premium, une Audi A4 Avant Ambiente Quattro V6 TDi 245 chevaux -modèle qui s’en rapproche le plus- s’échange contre 50 000€. Bref, le V60 PiH reste cher même si ce dernier exemple permet de relativiser. Le prix de l’exclusivité? Celui aussi d’un certain art de vivre très agréable…

Les + : système hybride abouti, performances étonnantes, douceur de conduite, confort, équipement technologique, sobriété réelle.

Les – : volume du coffre, tarif élevé, design intérieur vieillissant.

Prix du modèle essayé : 68 790€ (finition Xénium & options).

Remerciements à Hélène Laoudi et Marc Debord pour leur confiance.

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