Essai Volvo V40 Cross Country : L’évasion suédoise?

Si je vous dis constructeurs automobiles premium, vous pensez spontanément Audi, BMW et Mercedes. En réfléchissant un peu plus, vous pensez alors à la griffe DS de Citroën, Lexus, Infiniti… et Volvo! Car s’il est bien un constructeur premium qui arrive à tenir tête aux 3 marques germaniques depuis de nombreuses années, c’est le constructeur suédois. Passé dans le giron de Geely depuis 2010, la marque fait preuve d’un vrai dynamisme. Preuve en est, elle est depuis l’an passé présente dans le segment des compactes cinq portes avec sa berline V40 et sa déclinaison orientée crossover Cross Country. “Imaginée pour vous évader” dixit la pub, c’est cette dernière qu’AUTOMOTIVE MARKETING a essayé durant 5 jours. Est-elle à la hauteur de son invitation au voyage publicitaire et a-t-elle les arguments pour lutter face aux A3, Série 1 et autre Classe A? Verdict.

Imaginée pour vous évader?

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La Volvo V40 a fort à faire. Elle évolue dans le segment ultra-compétitif des berlines compactes. Si elle s’adresse à une clientèle orientée haut de gamme, elle trouve face à elle des berlines bien établies et toutes renouvelées récemment. Par ailleurs, même les compactes généralistes ont tendance à monter en gamme comme le montrent les récentes VW Golf et Peugeot 308. Pour se démarquer, Volvo a choisi de créer une voiture au style affirmé et y ajoutant depuis l’été dernier une version Cross Country, symbole d’évasion dans la gamme Volvo depuis l’apparition en 1997 du break V70 Cross Country. Ce sont ces aspects que le constructeur met en avant dans sa communication :

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Un spot réalisé à partir d’une vidéo virale largement diffusée l’an passé, “Finding Joe” et qui invitait les internautes à vivre un voyage au travers des magnifiques paysages suédois et que vous pouvez voir ici. Une manière de s’évader de la ville pour aller découvrir les grands espaces au volant de la V40 CC? C’est ce que nous allons voir…

Une compacte en tenue de crossover…

Disons-le de suite, la Volvo V40 est une séductrice. On est bien loin du design carré des anciens breaks suédois. Avec sa 3ème vitre latérale, la V40 adopte justement un dessin 2 volumes de petit break de chasse à la manière d’une Audi A3 Sportback. Mais loin du classicisme de cette dernière, la V40 affirme une réelle personnalité avec de nombreuses courbes douces, quelques arêtes vives et de véritables galbes renforcés sur cette version Cross Country par quelques attributs empruntés aux crossovers.

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D’ailleurs, cette V40 CC est plus haute de 40 mm que la berline classique. Elle adopte également une calandre et des pare-chocs avant et arrières différents avec des sabots de protection en aluminium. Outre sa signature lumineuse fine et élégante à LED dans les phares, le bouclier avant reçoit également d’inédits feux de jour à LED en lieu et place des anti-brouillards tandis que pour pour peaufiner le look de tout chemin, la V40 CC reçoit des barres de toit en alu. Les rétros sont également noirs laqués afin de se fondre dans le vitrage latéral.

arrière

Bref, dans cette panoplie tout chemin, la V40 CC affiche un style réussi, à la fois sportif, élégant et baroudeur et peut même aller chasser sur les terres du MINI Countryman par exemple. D’ailleurs, son design ne laisse pas indifférents les passants, nous l’avons constaté à plusieurs reprises durant l’essai. Notre voiture – vêtue de la jolie teinte “bleu capsien”- était également chaussée de magnifiques jantes bicolores Mefitis de 18 pouces qui assoient parfaitement la silhouette du véhicule tout en y ajoutant une touche de dynamisme bienvenue.

Cocon suédois…

Certaines autos affichant un style aguicheur se montre parfois décevante lorsqu’on pénètre à leur bord. Rassurez-vous, ce n’est pas le cas de notre Volvo V40 CC. Il faut dire que nous avons eu droit à la version haut de gamme Xenium qui se dote de tous les équipements de confort et de style qu’on est en droit d’attendre d’une berline premium… et même plus.

intérieur

Depuis longtemps, les designers suédois travaillent les intérieurs qui sont reconnus par toute la presse comme parmi les plus beaux de l’industrie automobile. Cette V40 ne déroge pas à la règle avec la traditionnelle console centrale fine et suspendue, ici revêtue de magnifiques incrustations en aluminium cuivré. L’harmonie des couleurs est agréable avec une planche de bord chocolat – pardon, “brun espresso”- qui répond une sellerie en cuir beige du plus bel effet pour contraster avec la carrosserie sombre de notre modèle d’essai. La moquette et les tapis de sol fournis sont un peu plus foncés, mais ça reste salissant pour une voiture qui vous invite à l’emmener régulièrement faire un tour en campagne. Le bon compromis serait pour moi de choisir l’une des deux selleries cuir mixtes foncée/claire (beige et brun espresso ou anthracite) afin d’avoir un intérieur moins salissant. (cliquez sur les miniatures pour les agrandir)

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Quoiqu’il en soit, Volvo permet une vraie personnalisation de l’habitacle et ça, c’est un vrai plus. En parlant de personnalisation, la V40 CC est également dotée d’un éclairage d’ambiance très doux et qui laisse le choix entre plusieurs couleurs. Ne vous fiez pas aux petites LED : elles sont très efficaces et plonge l’habitable dans un agréable bain de lumière plutôt doux la nuit venue. Une chose très appréciée des passagers qui auront tous faits le même commentaire : on se sent comme dans un cocon à bord de cette V40. Les sièges, confortables, contribuent à cette atmosphère de bien-être, le véritable art de vivre à la suédoise? On appréciera également les nombreux rangements qui compensent la petite taille des bacs de portes.

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Technologique, la V40 embarque un combiné d’instrumentation 100% digital qui vous laisse par ailleurs le choix en trois mode : élégance, éco et performance. Optez pour ce mode, à mon avis le plus lisible mais aussi celui qui donne le plus envie de “rouler”. Le vaste écran 7 pouces qui regroupe les commandes de clim, radio et GPS est très lisible mais démontre quelques défauts d’ergonomie : lorsqu’une navigation est en cours, impossible de savoir quelle station de radio vous écoutez. Il faut alors retourner dans le menu et donc perdre de vue la cartographie. Pas pratique! Contrairement à une majorité de journalistes, j’ai de mon côté apprécié la multitude de boutons sur la console centrale : les commandes toutes regroupées sur une molette ou le tout tactile c’est très joli car ça allège visuellement l’ensemble, mais ça oblige trop souvent à naviguer dans plein de sous-menus et donc quitter les yeux de la route. La V40 se dote aussi d’un écran tactile “Sensus” mais les boutons restent en place. On déplorera seulement l’ergonomie des commandes de climatisation vraiment peu intuitives, notamment pour le réglage séparé gauche/droite de la température. Idem pour la radio ou un changement de station est parfois compliqué…(cliquez sur les miniatures pour les agrandir)

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Imaginée pour s’évader? Alors prenons la route!

Notre véhicule d’essai est dotée de la première motorisation diesel disponible sur la V40, le D2 de 115 ch, couplée à une transmission automatique à double embrayage Powershift. Une motorisation bien connue car elle est issue de l’ancien partenariat de Volvo avec Ford et équipe donc l’actuelle Ford Focus mais aussi les Peugeot 308 et Citroën C4. Les ingénieurs suédois y ont toutefois apporté quelques modifications afin de la rendre plus silencieuse et économe. En boite auto, elle revendique des émissions de 108 g de CO2 par km et une consommation théorique de 3,9L. C’est optimiste, mais c’est bien entendu le cycle d’homologation imposé à tous les constructeurs qui veut ça. Durant ces 5 jours, l’ordinateur de bord aurait toutefois démontré la frugalité du modèle avec une consommation inférieure à 5,5L au 100. Une belle performance vu ma conduite plutôt dynamique.

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Pour une utilisation quotidienne, les 115 ch sont suffisants mais si vous êtes adeptes d’une conduite un peu sportive, optez plutôt pour les motorisations plus puissantes en diesel comme en essence. Volvo profite d’ailleurs du Salon de Genève pour doter la V40 de nouvelles motorisations Drive E qui font des merveilles sous le capot de la famille 60. La boite Powershift n’est elle aussi pas une inconnue : plutôt douce dans ses passages de rapports, elle manque parfois de réactivité lorsqu’on la bouscule un peu. Rien de rhédibitoire car notre modèle d’essai offrait tout de même un vrai plaisir de conduite. Il faut dire que la V40 CC partage sa plate-forme avec la Ford Focus, référence en tenue de route dans la catégorie.

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La voiture tient le pavé, c’est le moins que l’on puisse dire et il n’est nul besoin des aides électroniques (présentes en série) pour la maintenir sur le droit chemin, même en conduite sportive. La voiture ne prend quasiment pas de roulis, se montre agile et soudée à la route. Très précise, la direction assistée électrique se montre par contre peu communicative avec le conducteur ce qui efface un peu les sensations de conduite. Bien installé dans les sièges en cuir, on n’est par contre pas déçu par le confort : les suspensions filtrent efficacement les irrégularités de la roue et ce, malgré la présence de jantes de 18 pouces qui altèrent généralement le confort. Un confort renforcé par l’insonorisation, excellente, et les commandes douces telles que le stop & start qui fait preuve de discrétion et réactivité. Avec un look de baroudeuse, une garde au sol surélevée et des pare-chocs protégés, cette V40 Cross Country peut vous donner envie de sortir des sentiers battus…

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… Mais si elle ne rechigne pas à emprunter quelques petits chemins communaux, n’oubliez pas qu’elle n’est qu’une deux roues motrices et qu’elle n’a aucune capacité tout-terrain. Les versions essence T4 et T5 peuvent toutefois se doter d’une transmission intégrale mais, cette fois encore, ce sera avant tout pour des questions de sécurité plus que pour vivre l’aventure dans des endroits sinueux. La V40 Cross Country sera plus à son aise sur la route ou les pavés des grandes avenues parisiennes.

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En ville, elle fait d’ailleurs montre d’une belle maniabilité même si la lunette arrière, étroite, ne vous facilitera pas toujours la visibilité. Qu’importe, la V40 peut recevoir une très pratique caméra de recul et même un système Park Assist. Testé sur de nombreux modèles, ce stationnement semi-automatique (vous contrôlez la vitesse, la voiture effectue la manoeuvre) s’est montré très efficace sur la V40, avec une détection de place beaucoup plus rapide. Tout comme le BLIS qui vous permet de détecter si un véhicule est présent dans votre angle mort. Monté depuis longtemps sur des Volvo alors qu’il arrive à peine chez les concurrents, cette option sécuritaire devient indispensable lorsqu’on y a gouté. Un petit bémol cependant : je préfère lorsque le voyant se situe sur la vitre du rétro et non sur le montant comme c’est le cas ici, moins visible à mon goût.

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Fidèle à sa réputation, Volvo dote sa V40 CC de nombreux dispositifs de sécurité qui vous seront bien utiles en ville comme le City Safety -freinage automatique si une collision est détectée jusqu’à 50 km/h- ou encore, pour le bien des autres, un airbag piéton, une exclusivité mondiale de la marque, tous deux en série. Les diverses aides à la conduite à la mode en ce moment (Alerte Franchissement de ligne, régulateur de vitesse adaptatif, phares directionnels, détection des panneaux,…) sont également disponibles, mais il faut cette fois passer par la -coûteuse- liste des options…

Le verdict :

Avec la V40 Cross Country, Volvo propose un véhicule “différent” dans le segment des berlines compactes premium. Une V40 Cross Country qui n’est pas exemptes de reproches : l’habitabilité est moyenne, la visibilité vers l’arrière mauvaise et l’ergonomie parfois compliquée. Le moteur D2, première motorisation diesel, n’est pas non plus un foudre de guerre. Mais c’est bien peu de choses face aux véritables atouts qu’elle possède : une esthétique particulièrement réussie, que ce soit à l’extérieur avec un dessin sportif, chic et baroudeur (le mix idéal selon moi!) ou à l’intérieur avec un habitacle raffiné et cocooning, une tenue de route et un confort exemplaires, un contenu technologique et une qualité de fabrication élevés tandis que la sécurité chère à Volvo n’a pas été négligée. Et les plus exigeants puiseront dans la gamme pour choisir un moteur plus puissant même si le couple D2/Powershift sied bien à la philosophie de routière du modèle. Face à une Audi A3 Sportback bien trop classique, une BMW Série 1 décevante et une Mercedes Classe A exubérante, cette Volvo V40 Cross Country a de véritables atouts à faire valoir et, dans cette panoplie, peut même séduire les acheteurs de crossovers chics deux roues motrices comme le Mini Countryman, bien moins polyvalent. Reste plus maintenant à Volvo qu’à continuer de la faire connaître avec une communication encore plus impactante pour que ses ventes continuent de progresser. Vous roulerez à coup sûr dans une voiture offrant des prestations de haut niveau tout en roulant différent. Bref, pour moi, ça s’appelle un coup de coeur pour l’art de vivre suédois!

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Les + : styles intérieur et extérieur réussis, bien-être à bord et confort de haut niveau, tenue de route dynamique et sécurisante, contenu technologique et sécuritaire important.

Les – : transmission intégrale non disponible en diesel, habitabilité moyenne, ergonomie pas toujours intuitive, visibilité vers l’arrière.

4 Commentaires

  1. Bonjour. Merci pour cet essai. Pour un usage ville + route quotidien (et autoroute pour les vacances), conseillez-vous le diesel D2 de 115 chevaux ou conseillez-vous de passer

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