Essai DS 4 : DS, c’est elle!

DS 4 elle est DS. Quelques mois après le lancement de la grande berline statutaire DS 9, DS Automobiles commercialise la nouvelle DS 4. Un modèle important pour le développement de la marque premium française puisque cette berline compacte doit devenir le véhicule le plus diffusé de la gamme. Face au trio allemand Audi A3, BMW Série 1 et Mercedes Classe A, quelles sont ses chances de succès? Essai. 

Une longue gestation.

L’avantage quand on va essayer une DS, c’est que le constructeur ne se contente pas de nous laisser les clés du véhicule après une banale conférence de presse. Rappelez-vous mon essai de DS 9 et toutes les confidences de ses concepteurs. Cette fois, la présentation de DS 4 a lieu à l’occasion de la DS Week. Un événement qui permet au constructeur d’expliciter sa stratégie pour les années à venir et d’exposer toutes les étapes de la genèse de DS 4.

Ainsi, on apprend que le projet de la voiture qu’on a sous les yeux a débuté en 2015. DS nous présente même le Manifeste (maquette verte) qui a guidé la réflexion des designers. Si la voiture de série arrive six ans plus tard sur les routes, c’est parce que DS a eu carte blanche et a pu prendre tout son temps pour la concevoir. En effet, c’est en 2015 que les dirigeants de l’ex-Groupe PSA ont décidé de faire évoluer la plate-forme EMP2.

Objectif? La préparer aux adaptations futures nécessaires à toujours plus d’hybridation. Ce sont les équipes DS qui ont eu le lead sur ces évolutions et ce Manifeste a permis d’habiller cette nouvelle plate-forme qui se compose de 70% de pièces nouvelles. Voilà qui a permis aux designers DS de faire le moins de compromis possible, à l’extérieur comme à bord. DS a pu aussi imposer des choix forts permettant de distinguer DS 4 de ses cousines Peugeot 308 et Opel Astra qui reposent elle aussi sur cette plate-forme. 

Véritable déesse?

Bien sûr, entre le manifeste et la DS 4 de série, on peut se demander ce qu’il reste, tant les silhouettes peuvent paraître éloignées. Gardons en tête qu’entre-temps, nous avons découvert le concept Aero Sport Lounge, oeuvre de Thomas Duhamel, dont certaines lignes se retrouvent sur DS 4. Finalement, le Manifeste a permis de poser les bases de la réflexion et des proportions. Mais le style DS 4 s’en est ensuite émancipé, se voulant moins arrondi, plus sportif, plus athlétique avec des lignes ciselées. 

Toujours est-il que DS 4 affiche une ligne proche de celle d’un concept. Il n’y a qu’à juger les nombreux regards qui se posent sur elle dans la rue. Surfaces vitrées réduites, hauteur de caisse légèrement surélevée, lignes saillantes, hanches marquées, les designers se sont lâchés! DS 4 reprend par ailleurs à son compte les poignées de portes rétractables qui deviennent un marqueur du constructeur. On retrouve bien sûr la calandre DS qui se veut ici un peu plus carrée tandis que son revêtement évolue selon la finition choisie. Mais mon regard s’attarde sur les phares très fins pouvant se doter d’un éclairage matrix LED. Ou sur l’originale signature lumineuse qui glisse de chaque côté de la calandre sous forme de filament.

Un concept dans la rue?

Je n’étais pas convaincu en photo et pourtant, à la découverte réelle du modèle, c’est sublime et on reconnait alors immédiatement DS 4 dans le rétroviseur. Enfin, à l’arrière, les feux en écailles font toujours leur effet! Surtout ici, dans une version plus effilée à la manière de DS 9. On pourrait s’arrêter là, mais DS a soigné chaque détail de la carrosserie. Comme le marquage de la trame DS au niveau de la lunette arrière ou le pilier C avec une forme de flèche qui intègre le logo. Ce dernier signe vraiment la personnalité de la voiture.

Et une, et deux, et trois DS 4!

DS 4 se décline en 3 versions. La ligne classique, élégante et statutaire, coiffée par la finition Rivoli. Une DS 4 plus sportive, la Performance Line, qui remplace les éléments chromés par du noir et qui viendra taquiner les Audi A3 S Line. Notons toutefois que DS nous a entendu : on peut désormais choisir un pack esthétique Performance Line sur les chics finitions Rivoli : ainsi, à vous l’extérieur sportif et l’intérieur clair ou criollo ! Merci DS 🙂 C’est d’ailleurs de principe qu’adopte la très luxueuse édition limitée de lancement La Première, qui représente 25% des bons de commande!

Enfin, la DS 4 peut se métamorphoser en petit baroudeur en version Cross. Cette dernière n’est pas sans nous rappeler l’ancienne Volvo V40 Cross Country. Elle ajoute ainsi quelques accastillages de SUV à la DS 4. Malin même si DS aurait pu ici aller plus loin dans la personnalisation ou encore la hauteur de caisse. C’est donc, esthétiquement, la version qui m’a le moins convaincu. 

Entre cocon et écrin…

Je dois l’avouer : ma plus grosse crainte était la découverte de l’intérieur. J’avais été plutôt séduit par les photos, et j’apprécie l’intérieur des DS 7 Crossback et DS 9. Mais avec les moyens déployés à l’extérieur, j’ai pensé naïvement que DS serait ici contraint d’utiliser au maximum des éléments de ses cousines et de ses soeurs de gamme. Surtout sur le segment des compactes où on le voit chez les concurrentes : l’intérieur n’est pas toujours aussi raffiné que le reste de la gamme. Sauf que DS a là aussi eu les moyens de ses ambitions. En termes de présentation et de qualité de finition, jusqu’ici, l’Audi A3 était la référence. Vous noterez le passé. Car DS 4 la surpasse désormais.

Dessin de la planche de bord épuré, notamment grâce aux aérateurs centraux cachés DS AIR, qualité des matériaux, finition très soignée sans oublier la part belle aux écrans puisque DS 4 inaugure un nouveau système d’infotainement. Ne cherchez pas : aucune concurrente ne fait mieux à bord ! Les marqueurs artisanaux DS sont bien présents tels que le guillochage Clous de Paris ou encore les sièges de confection bracelet. Du plus bel effet!

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Le soin du détail.

DS 4 propose plusieurs ambiances avec un intérieur clair bi-ton Gris Galet Brun Criollo, de l’alcantara pour la finition Performance Line. Et un même un intérieur entièrement Brun Criollo presque luxueux.  Par ailleurs, le soin apporté aux détails est ici aussi très poussé. Quelques exemples? On retrouve un volant intégralement en cuir comme dans la DS 9, avec des commandes au volant très intuitives. Des boutons de lèvre-vitres qui épousent le dessin de la contre-porte et s’offrent même un contraste pour mieux se rendre invisible.

Ou ces pièces de frêne brun véritable, qui sont présentes sur les portes avant mais aussi arrière! Clairement, on n’a pas l’impression d’être dans une berline compacte mais bien dans des segments supérieurs. DS 4 donne même un coup de vieux à ses soeurs de gamme. Aucune DS n’a un intérieur aussi épuré et abouti.

Pratique et technologique?

Chargeur à induction, hayon à commande électrique, sièges avants chauffants, massants et ventilés… autant d’équipements dont vous ne pourrez plus vous passer après y avoir gouté! DS 4 n’oublie pas non plus un toit ouvrant panoramique : un détail pour certains, mais à l’heure où de plus en plus de constructeurs le supprime pour gagner des grammes de CO2, l’excellent bilan de la gamme DS sur ce point permet de proposer un tel équipement. Mais DS 4 inaugure surtout de nombreuses innovations dans la gamme.

Comme par exemple le nouveau système d’info-divertissement DS IRIS SYSTEM, qui offre une dalle de 10 pouces configurable à l’envie! En complément, le DS SMART TOUCH est un écran de 5 pouces implanté sur la console centrale qui permet de créer des raccourcis d’accès rapide à toutes les fonctionnalités que vous souhaitez. Idéalement situé, son utilisation devient peu à peu intuitive et permet donc de ne pas utiliser le grand écran pour les fonctions les plus courantes.

Affichage tête haute.

Seul petit regret : l’instrumentation face au conducteur : elle est sur un écran 7 pouces très encastré, donc pas toujours très lisible. Elle fonctionne de concert avec l’affichage tête haute DS EXTENDED HEAD-UP DISPLAY. Le système projette  dans le champ de vision du conducteur une dalle de 10 pouces. Et c’est cette dernière qui devient finalement l’écran principal de conduite.  Question d’habitude sans doute, mais ce couple m’a parfois destabilisé, ne sachant pas où apparaissait l’information recherchée. Enfin, et même si c’est complexe à réaliser, ce dernier affichage projeté serait encore plus pertinent s’il n’était pas fixe mais pouvait suivre l’orientation de la route. A la manière de phares directionnels. Mais là… j’en demande beaucoup!

Le coffre se montre quant à lui largement suffisant pour une compacte, offrant 430 litres (390 litres en version E-TENSE). A l’arrière, la faible surface vitrée et les très beaux sièges devant donnent un peu l’impression d’être engoncé. On aurait aussi apprécié quelques centimètres de plus d’espace aux jambes, mais 4 adultes voyageront tout de même confortablement à bord. 

Voie impériale.

 Si la DS 4 est disponible en essence et diesel, c’est la version hybride rechargeable E-TENSE 225 ch qui a retenu toute mon attention. Un ensemble connu puisqu’il associe un moteur essence PureTech de 180 ch à un moteur électrique de 110 ch. On retrouve cette motorisation sur les DS 7 Crossback et DS 9. Mais une fois encore, DS a apporté quelques réglages différents pour l’adapter au mieux à sa compacte. Fluidité, douceur et relances immédiates quand on le sollicite : voilà un ensemble qui sied parfaitement à la DS 4. Et la boite automatique à huit rapports e-EAT8 est agréable, sans à-coups et plutôt réactive. 

 La batterie affiche une capacité totale de 12,4 kWh qui permet de rouler en 100% électrique sur 55 km dixit DS. Dans la réalité, j’ai parcouru 45 km! Ce qui est plutôt pas mal, d’autant qu’une petite réserve systématique permet toujours de bénéficier du renfort du moteur électrique même quand la batterie est déchargée. Ainsi, les 225 ch sont toujours présents.

Confort E-TENSE?

 Le mode de conduite hybride est très abouti et c’est finalement naturellement celui que l’on choisira même si, pour optimiser l’efficience, la DS 4 démarre en mode électrique par défaut. La plate-forme offre à la DS 4 est agréable toucher de route. La direction est précise même si on apprécie qu’elle se durcisse un peu en mode sport. Car oui, la DS 4 offre différents modes de conduite et les réglages agissent sur les animations intérieures, l’éclairage d’ambiance mais aussi sur la direction et la suspension pilotée active. Cette dernière, assistée par caméra, ce qui n’existe pas dans le segment, est un vrai must. Elle offre un confort accru en ville ou une fermeté bienvenue quand la route se fait plus sinueuse.

 Le confort est d’ailleurs en train de devenir une marque de DS. On aurait pu craindre, avec les roues de 20 pouces qui équipent le modèle, mais il n’en est rien. Au contraire, la voiture est très confortable, et la suspension est aidée par des sièges enveloppants avec une nouvelle architecture en forme de coquillage et une excellente insonorisation. La DS 4 ne cherche d’ailleurs pas à jouer les sportives même si le moteur électrique permet des relances franches, malgré le poids élevé de plus d’une tonne six. 

E-TENSE 1, PureTech 0 ?

 On préfère d’ailleurs largement cette version hybride rechargeable E-TENSE à la version thermique PureTech de même puissance. En effet, cette dernière est agréable à mener car elle se montre un peu plus agile, grâce à un poids plus contenu. Pour autant, on peine à percevoir la présence des 225 ch sous le capot. Le boost permanent offert par le moteur électrique de la version E-TENSE offre un confort de conduite dont on a ensuite du mal à se passer. Pour être complet, sachez que la DS 4 dispose de toute la panoplie d’aides à la conduite de dernière génération. Et toutes ces aides semblent bien fonctionner sans être trop intrusives.

Cependant, l’utilisation du régulateur de vitesse adaptatif vous demandera un petit temps d’adaptation. Car sa mise en route et sa configuration ne sont pas intuitives, malgré les commandes sur le volant. Notons toutefois que la conduite semi-autonome sera améliorée début 2022. Donc si vous être un gros rouleur, attendez un peu avant de passer commande pour en bénéficier. 

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Des tarifs… premium

Fidèle à ses soeurs de gamme et ses concurrentes, la DS 4 affiche des tarifs… corsés! La gamme démarre à 29 200 € pour s’achever à 51 500 €, sans compter les nombreuses options possibles. Chère cette DS 4 me direz-vous? Je vous répondrais oui… et non. Oui dans l’absolu, 50K€ pour une compacte, ce n’est pas accessible à tout le monde. Mais la question serait plutôt : les vaut-elle? Et la réponse est : Oui. Design, prestations dynamiques, motorisation hybride rechargeable, qualité de finition, technologie : la DS 4 coche toutes les bonnes cases. Surtout, elle s’affiche un peu moins chère que ses concurrentes directes tout en étant un peu mieux dotée. Maintenant, c’est un segment où la plupart des véhicules sont choisis en leasing. Si les loyers DS sont compétitifs, l’écart se réduit avec les concurrentes. Car ces dernières affichent, pour le moment, une meilleure valeur résiduelle.  

Sans défaut?

Alors que j’en vois déjà certains se dire “bon il a l’air très emballé par cette DS 4, il est pas objectif”. Tandis que les plus méfiants pensent “DS le paye pour dire du bien de cette DS 4, c’est pas possible autrement“. Alors ni l’un, ni l’autre. Enfin si sur une partie : oui, je suis plutôt emballé par cette nouvelle DS 4. Pour autant oui, elle a des défauts! Vous en voulez quelques-uns? Une version Cross pseudo-baroudeuse faite à l’économie. C’était peut-être bien il y a quelques années, mais en 2021, on aurait aimé une version bien plus distincte ou carrément une DS 4 Crossback!

Tavarès veille à la rationalité de gamme…

Quoi d’autres? Si la personnalisation intérieure des ambiances et cuirs est réussie, pourquoi la marque DS est-elle aussi radine sur le choix des teintes extérieures? Le nuancier est réduit à sa plus simple expression, sept teintes. Et on pourrait même dire six tant la teinte gratuite “or cuivré” ne devrait pas y rester longtemps tant elle est… [je vous laisse choisir l’adjectif]. Pas de bleu(s?), pas de vert (qui ré-apparait quasiment chez tous les constructeurs) et pas vraiment de teintes originales. Une fois qu’on a fait le tour des nuances de gris et de blanc, c’est bien mince. Heureusement, le toit noir et le beau Rouge Velvet viennent sauver l’ensemble de la monotonie. Or dans le premium, la personnalisation est un élément essentiel pour acquérir sa légitimité.

Si on repasse à l’intérieur, on pourra aussi regretter une habitabilité moyenne pour la catégorie. Dernier défaut? Il manque pour le moment à la DS 4 une version porte-étendard. S et RS chez Audi, AMG chez Mercedes, M chez BMW… Aura-t-on droit à une version délurée Performance? Les responsables de DS n’ont pas commenté. On se souviendra que la précédente DS4 s’était vue refusée une telle déclinaison, pourtant prête. Or quand on est en quête d’image, ce type de véhicule indispensable. 

Le bilan : DS, c’est elle !

Vous en conviendrez je pense : cette liste de défauts est finalement bien courte. Et n’y figure rien de rédhibitoire. Car c’est un fait : cette nouvelle DS 4 est une réussite. Depuis la ligne DS née à la fin des années 2000 chez Citroën aux DS de 2ème génération apparues avec DS 7 Crossback, aucune DS ne m’est apparue aussi aboutie jusqu’alors. Les concepteurs de la DS 4 ont semble-t-il eu les moyens de développer la voiture en faisant le minimum de compromis. Nous sommes face alors à une compacte belle, élégante, distinctive, très confortable, technologique, et extrêmement soignée.

Avec, en plus, une personnalité propre dans un segment où les concurrentes, plus classiques, sont déjà bien installées. Chaque détail de la DS 4 m’est apparu comme pensé, réfléchi, travaillé et conçu avec attention. Avec un objectif précis et atteint. Celui de valoriser l’expérience de conduite et de bien-être à bord du conducteur et de ses passagers. DS 4 incarne pleinement ce que doit être le premium français pour convaincre une clientèle exigeante. Alor la marque DS peut-elle alors réellement se faire une place dans le premium automobile? Si DS réussit à faire connaître, découvrir et essayer sa DS 4, on peut enfin répondre : OUI.

Bonus : quid de l’électrique?

Tous les modèles DS qui seront lancés à partir de fin 2024 seront 100% électriques. C’est une des annonces fortes de la DS Week. DS a aussi officialisé l’arrivée, cette même année, d’une DS 4 100% électrique également. Certains s’étonneront que ce soit un an après la Peugeot 308, qui repose sur la même base. Durant ces essais, DS Automobiles a accepté de nous en dire la raison : les deux cousines ne disposeront pas de la même technologie. Si Peugeot va faire le choix d’adapter la technologie électrique existante, premium oblige, la DS 4 électrique bénéficiera d’une nouvelle génération. D’où son arrivée un peu plus tardive, mais DS promet des meilleures performances et une autonomie accrue. DS s’émancipe totalement ! 

Les photos de mon essai :

Modèles essayés : DS 4 E-TENSE 225 Rivoli Rouge Velvet et DS 4 PureTech 225 La Première Gris Laqué.

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