Essai Citroën C4 Nouvelle gamme : Le bien-être à bord?

Sur le marché depuis 2010, la seconde génération de Citroën C4 est l’archétype de la berline compacte sans histoire qui s’est écoulée à plus de 450 000 exemplaires. Afin de mieux lutter face aux stars de la catégorie VW Golf, Peugeot 308 et autres Ford Focus ou Renault Mégane, la compacte des chevrons reçoit quelques nouveautés esthétiques, mécaniques et technologiques. Cette Citroën C4 Nouvelle gamme correspond-elle à la nouvelle philosophie “feel good” de la marque? Essai du côté de Marseille pour se faire un avis. Le verdict.

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C4 restylée? Non, “Nouvelle gamme”!

Dans ses communications, Citroën a choisi de ne pas parler de C4 restylée. Peut-être de peur que cela fasse un peu galvaudé? Toujours est-il que le constructeur annonce ainsi une C4 “Nouvelle gamme” pour indiquer les modifications. D’ailleurs, pour le moment, pas de nouvelle publicité dédiée à cette nouveauté. Tout juste une vidéo de présentation qui tente, plutôt habilement, de lier la C4 à la nouvelle image “Feel good” que Citroën souhaite revendiquer en mettant en avant l’une des qualités du modèle, son confort :

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Le jeu des sept erreurs modifications…

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… et en fait même moins. Lors de son apparition en 2010, la C4 a surpris. Parce que si première génération affichait un style original, la seconde mouture a voulu certainement plaire au plus grand nombre en rentrant dans le rang. Elle devait aussi composer avec sa cousine DS 4 et donc se faire plus timide, plus classique. La version 2015 améliore le style mais ne révolutionne guère les choses.

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Citroën dote sa C4 de nouveaux phares avec feux de jour à LED comme la mode le veut tandis qu’à l’arrière, le dessin interne des feux est revu pour adopter un effet 3D comme on peut le trouver sur le C4 Picasso. La ligne reste donc équilibrée mais sans grande originalité et ce ne sont pas les nouvelles jantes de 17 pouces Miami ou les poignées noires vernies qui vont changer grand chose. Bref, on remarque la nouveauté mais cela ne fait pas vieillir la précédente mouture. Loin de là. Toutefois, notons tout de même que les améliorations, même si cela est subjectif, améliore globalement l’ensemble. Finis les rappels oranges des clignotants dans les phares qui faisaient voiture des années 1990 et les feux apparaissent désormais plus harmonieux.

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Simplification et bien-être à bord…

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A l’intérieur, les modifications sont tout aussi ténues. En même temps, l’ensemble, bien dessiné et fini, n’avait pas besoin de subir de grosses évolutions. On retrouve ainsi une planche de bord plutôt cossue même si le haut, moussé, est réalisé dans un plastique à grain fin qui est, sans doute, assez pénible à nettoyer au quotidien car il prend vite la poussière. Citroën profite de cette nouvelle gamme pour remplacer l’ancien système multimédia par un nouvel écran tactile 7 pouces ce qui permet aussi d’alléger la planche de bord et le volant. Un progrès salvateur!

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Le système se montre plutôt convaincant, lisible même si le GPS n’est pas toujours très précis. La C4 conserve quelques détails originaux comme le changement de la couleur des compteurs qui varient du violet au blanc. Bon point également pour le grand toit vitré qui apporte beaucoup de luminosité. Mais à quand des toits panoramiques ouvrants chez PSA??? Il serait temps! Si la finition est plutôt flatteuse, certains détails agacent comme le manque de rangement ou encore les vide-poches de portes qui n’ont pas d’emplacement pour retenir une petite bouteille d’eau. Les objets se baladent, au risque de vite rayer le plastique…

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La C4 profite désormais d’une ouverture/fermeture et du démarrage sans clé et reste à la page technologiquement puisque, rappelons-le, elle fut l’une des premières à démocratiser des systèmes comme l’alerte involontaire de franchissement de ligne ou le détecteur d’angle mort. La ligne plutôt carrée de la C4 présente quelques aspects pratiques à l’intérieur. L’habitabilité est bonne aux places avants et arrières et le coffre, qui fait 408 litres, demeure l’un des plus vastes de la catégorie. De même que son seuil de chargement, bas. Le confort fait également partie des points forts et, sur ce point, la C4 correspond bien à la philosophie feel good de Citroën puisqu’elle conserve l’une des qualités propres de la marque. Siège confortable et massant, insonorisation soignée, bonne habitabilité et finition soignée, c’est vrai qu’on se sent bien à bord.

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Mais pourquoi organiser des essais presse pour une C4 nouvelle gamme timidement retouchée pourriez-vous vous dire? Tout simplement car les plus grosses nouveautés sont sous le capot. En diesel comme en essence, la C4 revoit sa palette de motorisations. Place aux BlueHDi et PureTech!

EAT6, reçue 6 sur 6!

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La première partie de mon essai débute avec la version diesel BlueHDi 120. Souple, silencieuse tout en restant assez vive, cette nouvelle motorisation diesel, couplée à une boite six précise -bien que les premiers rapports accrochent un peu- fait le job. On apprécie alors l’insonorisation et le confort de la berline et les kilomètres défilent assez facilement sur autoroute. La voiture se relance plutôt bien, même en 6ème, pour doubler assez sereinement. Dans l’arrière pays marseillais, la C4 enchaine les virages paisiblement. Rien ne cloche. Mais aucune vraie émotion de conduite n’apparait vraiment non plus. On imagine alors la C4 comme une bonne compagne de route sans souci pour le commercial qui parcourt des milliers de kilomètres par mois. Mais pour le plaisir, on repassera. J’aurai pu garder cet avis sans avoir conduit la C4 essence. Heureusement, dans la seconde moitié de la journée, le périple se poursuit au volant d’une C4 1.2 PureTech de 130 ch couplé à la nouvelle boite de vitesses automatique à six rapports EAT6. Et le duo fonctionne alors à merveille.

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Car si la C4 ne repose pas sur la plate-forme ultra-moderne EMP2 de la Peugeot 308 ou du C4 Picasso, il n’en demeure pas moins que, de tout temps, la marque a su faire d’excellentes liaisons au sol. Et c’est avec cette mécanique que l’on s’en aperçoit. Alors même qu’il n’a pas cessé de pleuvoir durant notre essai, la C4 a fait preuve d’une réelle efficacité. La voiture tient très bien la route et, avec ce duo moteur/boite, fait preuve d’un réel dynamisme. Le moteur, volontaire, s’exprime mélodieusement -c’est un 3 cylindres- et la boite de vitesses EAT6, performante, réagit sans aucun à-coup. Mieux, en activant le mode sport de la boite, la voiture monte un peu plus dans les tours et l’inertie parfois ressentie sur les premiers rapports disparait totalement. On profite alors d’un châssis très sain et d’une direction précise -mais un peu lourde- pour prendre du plaisir au volant de cette C4 ainsi motorisée. Même en mode manuel, la voiture réagit très bien et si l’on n’est pas encore au niveau d’une boite DSG, l’EAT6 renvoit l’ancien boite auto PSA au rayon des antiquités! Bien entendu, on sera assez loin des valeurs de consommations annoncées (3,6l/100 pour le BlueHDi 120, 4,8l/100 pour le PureTech 130 EAT6) car, comme pour toutes les autres voitures, le cycle d’homologation est archaïque. L’ordinateur de bord se situe plutôt aux alentours de 5l pour le diesel et 6,5l pour l’essence, des valeurs somme toute très correctes.

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Le verdict :

Avec cette C4 restylée, que dis-je, “nouvelle gamme”, Citroën ne révolutionne pas sa compacte. Vendue à plus de 450 000 exemplaires depuis son lancement, elle n’évolue clairement pas dans la catégorie des best-sellers et cette petite mise à jour ne devrait pas lui permettre d’atteindre les sommets. Si Citroën n’a pas poussé l’exercice plus loin, c’est que le constructeur travaille déjà au remplacement de la voiture qui, d’ici deux à trois ans, devrait parfaitement s’insérer dans la nouvelle stratégie “optimistic, human and smart” du constructeur. En attendant que s’exprime pleinement l’esprit Feel Good, cette C4 nouvelle gamme reste tout de même l’une des compactes les plus homogènes de sa catégorie et sa refonte technique et son bon rapport prix/équipements/prestations devrait toutefois lui permettre de continuer sa paisible carrière au milieu du tableau. Pour ceux qui recherchent une berline confortable, habitable et agréable à conduire, cette C4 nouvelle gamme mérite attention, notamment dans sa version PureTech 130 EAT6. On sera plus mitigé sur le BlueHDi 120 qui fait le job, sans plus…

Les + : confort, tenue de route, duo 1.2 PureTech/Boite EAT6 efficace, bien-être à bord.

Les – : manque de personnalité, retouches esthétiques trop limitées, direction lourde, boite de vitesses accrocheuse (version BlueHDi 120).

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Remerciements à Florentin Deleuze et toute l’équipe Citroën pour leur accueil.

1 Commentaire

  1. Merci pour cet essai complet! J’ai toujours bien aimé cette C4 qui, si elle n’est pas la plus originale, reste tout de même une bonne voiture. Dommage, Citroën n’en fait pas beaucoup la promotion…

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