Essai Nissan Qashqai : Urbain par instinct… mais pas que!

Il n’est jamais facile de renouveler un best-seller. Surtout quand celui-ci est le pionnier d’un segment devenu capital sur le marché européen et notamment dans l’Hexagone. Car après une brillante carrière de plus de six ans, le Nissan Qashqai doit désormais céder la place à son successeur. Entre-temps, la concurrence s’est élargie et a affuté ses armes. Autant le dire, Nissan n’a pas le droit à l’erreur. Et annonce d’ores et déjà dans sa publicité avoir corrigé l’une des faiblesses du modèle à savoir le plaisir de conduite avec la phrase “Conduire devrait toujours faire cet effet-là”. Mais Nissan rassure aussi sur la compacité du modèle en le décrivant comme “urbain par instinct”. De belles promesses que nous sommes allés vérifier sur les routes d’Ile de France. Le verdict…

L’instinct pub?

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Disons-le de suite, Nissan a toujours soigné les publicités du Qashqai. Depuis plusieurs années, la marque le met en scène habilement dans un milieu urbain qui lui convient bien. Car si son look de crossover –Nissan est l’inventeur du genre– sous-entend une possible transmission intégrale, le Qashqai s’est majoritairement vendu en 4×2 et la nouvelle mouture devrait faire de même. Mais sa garde au sol lui permet sans souci “de monter” les trottoirs des grands boulevards. Pour la publicité du nouveau Qashqai, le véhicule évolue toujours en ville. Mais la marque y ajoute une bonne dose de plaisir de conduite et met également très largement en avant la ligne du modèle. Normal, il faut faire connaître ce Qashqai 2ème opus alors que le 1er est ancré dans la tête des automobilistes :

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Une publicité somme toute réussie, bien dans la veine des précédentes qui fait bien la synthèse des améliorations du produit –et c’est un détail qui compte- jusqu’à la clé de contact désormais moderne contrairement à l’ancienne, très banale!

Crossover : Acte 2

En 2007, le Qashqai a créé l’événement. Et si la presse a la mémoire courte –aujourd’hui unanime, elle ne lui prévoyait pas une brillante carrière alors…– le public a été au rendez-vous. En moins de 7 ans, Nissan a vendu 2 millions de Qashqai. Soit le double des prévisions! Et pour cause, Nissan a compris qu’il était impossible de lutter sur le segment C face aux cadors de la catégorie et a donc décidé de remplacer son binôme Almera/Tino par un véhicule surélevé avec le look d’un 4×4, les côtés pratiques d’un break et le comportement d’une berline. La version 2014 reprend la même recette en la bonifiant. Le Qashqai se fait plus “viril”et plus sportif avec ce profil tendu. Les phares et feux reprennent un design effilé et se dote d’une jolie signature à LED dès la version de base. 100% nouveau, on ne peut pas dire que le Qashqai ressemble à son prédécesseur. Et pourtant, on voit tout de suite un air de famille. Le talent des designers sans doute!

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On remarque cependant immédiatement que le véhicule a grandi (+ (5 cm) et s’est élargi (+2 cm). Il semble désormais mieux posé sur la route et cela devrait profiter à l’habitabilité. C’est ce qu’on va voir plus loin. Dans cette version haute Tekna, il se dote également de très belles jantes alliages 19 pouces bicolores du plus bel effet. On regrette un peu les gros plastiques noirs sans cachet des bas de caisse mais après quelques petits chocs en ville, on devrait mieux les apprécier! Bref, vous l’aurez compris, esthétiquement, ce Qashqai ne déçoit pas. De quoi nous donner envie de monter à son bord.

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Révolution intérieure…

C’est la BONNE surprise de ce Qashqai. On ne compte plus les constructeurs qui justifient les évolutions de leur modèle (agrandissement, équipements, design,…) par la phrase “on a écouté les souhaits de nos clients”. C’est également ce que nous ont dit les équipes de Nissan. Sauf que dans le cas présent, c’est vrai! Car si le Qashqai pêchait sur un point, c’était l’intérieur. Le tableau n’est pas encore parfait mais on dénombre beaucoup d’améliorations. Le design de la planche de bord est désormais moderne tandis que les plastiques cheap ont laissé place à nombre de matériaux moussés, du moins sur les parties en contact visuel et tactile avec les occupants.

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Le Qashqai remplace son minuscule écran facile par un grand écran bien plus pratique et les designers ont soigné les détails quitte à en faire un peu trop avec un filet lumineux autour du levier de vitesses. C’est totalement inutile… mais plutôt réussi! Bien que conçu en Europe, le Qashqai conserve cependant quelques travers japonais comme certaines commandes qui ne sont pas rétro-éclairées. Ajoutez à cela une chose qui m’a frappée lors de mon essai : la dureté des commandes. C’est rare de nos jours mais, que ce soit les commandes de vitres ou les commodos, tout m’es apparut comme “dur” à manipuler. Entendez par-là qu’une simple pression du bout des doigts ne suffit pas pour enclencher le clignotant d’autoroute par exemple (3 clignotements). Au risque d’enclencher le clignotant en position classique. Idem pour les commandes de clim plutôt rêches. Mettons cela sur le compte des véhicules essayés qui étaient neufs. Mais à vérifier lors de votre essai. Cela reste du détail, ne boudons pas notre plaisir, la montée en gamme du Qashqai se remarque et c’est appréciable.

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Je vous le disais plus haut, le Qashqai a grandi, c’est bien au profit des passagers. Il y a plus de place à l’arrière tandis que le coffre augmente également sa capacité en passant de 410 à 430 litres. Ca reste toutefois dans la moyenne basse de la catégorie… Bon point : on peut désormais obtenir un plancher plat en rabattant la banquette ce qui n’était pas le cas avant! Le Qashqai doit pouvoir accueillir confortablement une famille car il ne se dotera plus d’une version +2. Cette dernière se voit remplacée par le nouvel X-Trail qui quitte l’ambiance des 4×4 pour devenir lui aussi un crossover. On en reparlera. Pour le reste, le Qashqai fait le plein d’équipements. Dans notre version d’essai Tekna, tous les équipements de confort sont présents (liste des équipements en suivant ce lien : Nissan_Qashqai_NewGeneration). Notamment l’agréable toit panoramique. On regrette par contre qu’il ne s’ouvre pas alors que bon nombre de concurrents le propose et qu’il faille maintenir le doigt sur le bouton du rideau occultant pour le faire coulisser… Pas pratique!

Conduire, mais pour quel effet?

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Conduire devrait toujours faire cet effet-là. Oui, mais lequel? Prenons la route pour le savoir! Notre parcours en Ile-de-France va nous permettre d’en avoir un bon aperçu. Beaucoup de route, quelques chemins de campagne (dont un pavé!), un peu d’autoroute mais aussi quelques zones urbaines. Bref, voilà de quoi mettre à l’épreuve notre Qashqai. D’abord dans sa version 1.6 DCi 130 en boite manuelle puis ensuite avec la nouvelle boite automatique X-Tronic, tous deux en version 2 routes motrices (l’essentiel du mix Qashqai). En milieu urbain, le Qashqai est à son aise. Même s’il a grandi, le véhicule reste très maniable, y compris en manœuvre avec son système AVM de vision à 360° qui vous permet de voir devant, derrière et sur les côtes de votre véhicule. Pratique, notamment parce que l’écran central a bien grandi et qu’on voit désormais correctement toutes les vues! Le Qashqai vous aide aussi avec son système Park Assist qui fonctionne pour les créneaux comme les stationnements en bataille. Existant déjà sur deux véhicules, ce système est plutôt efficace sur le Qashqai même si la son utilisation n’est pas très intuitive. En ville avec beaucoup de voitures derrière vous, vous risquez d’être découragés d’utiliser cette option!

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Continuons notre périple sur route et voilà un domaine où j’attendais avec impatience ce nouveau modèle, l’ancienne mouture pas des plus dynamiques sur la route. Grâce à un tout nouveau châssis, le Qashqai marque de sérieux progrès : il accepte d’être mené rapidement tandis que la boite de vitesses, très bien étagée, vous encouragera dans ce sens. Pour plus de confort, n’hésitez pas à franchir le pas de la boite automatique. Inaugurée sur le Qashqai, la nouvelle transmission X-Tronic à 7 rapports est un régal. Si certains pourront s’étonner que Nissan n’ait pas céder à la tentation d’une boite à double embrayage, cette transmission à variation continue n’a rien à envier à la concurrence. Douce et réactive, elle passe les rapports sans le moindre à-coup en mode manuel. Et répond présente dès que vous souhaitez adopter une conduite dynamique sans jamais avoir l’impression qu’elle “mouline” comme c’est souvent le cas des boites CVT. On ne dira pas la même chose du système Stop & Start qui met du temps à re-démarrer le véhicule. Voilà qui risque d’être agaçant en ville et qui mérite d’être vite corrigé.

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Par ailleurs, si le Qashqai fait preuve d’une belle agilité -bien aidé par de nombreuses aides électroniques-, il se montre encore un peu pataud sur route par rapport à nombre de concurrents, Ford Kuga ou Peugeot 3008 en tête. Si vous abordez une courbe un peu vite, le Qashqai aura besoin de son électronique pour garder le cap en toute sécurité alors que d’autres savent s’en passer. Privilégiez également la direction en mode “sport” car en mode “normal”, elle se montre bien peu communicative à son conducteur, masquant ainsi les sensations de conduite. On appréciera toutefois le gros travail effectué par les ingénieurs de Nissan car les progrès d’une génération à l’autre sont bien palpables. Sur autoroute, le Qashqai se laisse mener sans broncher et offre à ses passagers un bon confort, même avec les très belles jantes 19 pouces de nos modèles Tekna. Question sécurité, le Qashqai veille avec son tout nouveau “Nissan Safety Shied” ou bouclier de sécurité qui comprend la panoplie de tous les gadgets sécuritaires à la mode qui, une fois qu’on y a goûté, deviennent d’excellents compagnons de route. Citons pêle-mêle l’alerte de franchissement de ligne, le détecteur d’angle-mort ou encore la reconnaissance des panneaux de signalisation et la détection des risques de collision. Des aides bien utiles même si l’alerte de franchissement de ligne ne corrige pas la trajectoire, est très sensible et émet un bip qui deviendra très vite agaçant!

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Le verdict :

Le nouveau Nissan Qashqai, c’est un peu Monsieur + : plus grand, plus spacieux, plus agréable à conduire, mieux fini et équipé, cette nouvelle mouture ne déçoit pas. La marque a clairement amélioré son concept tout en gardant toutes les qualités du Qashqai comme son design plutôt réussi! “Urbain par instinct” comme le revendique sa publicité, il se montre désormais également plus à l’aise sur route en procurant un certain plaisir de conduite même s’il pourrait faire encore mieux. Sa présentation intérieure a également fait un bond en avant même si les plastiques employés et la capacité du coffre déçoivent un peu. Le Qahsqai opus 2 progresse donc dans tous les sens…y compris du point de vue des tarifs qui, certes moins accessibles qu’autrefois, restent cependant compétitifs dans la catégorie (à partir de 21 490€). Certes, la concurrence sur le segment des crossovers compacts s’est renforcée mais Nissan le démontre, le constructeur ne compte pas délaisser sa place sur le podium, la nouvelle mouture ayant de réels atouts pour la conserver!

Les + : Design réussi, présentation intérieure en net progrès, équipements technologiques, motorisation 1.6 Dci 130 agréable, transmission X-Tronic, comportement routier sûr…

Les – : … mais manquant encore de dynamisme, direction peu communicante, habitabilité et coffre moyens, détails de finition.

Modèles essayés :
Nissan Qashqai Tekna 1.6 dci 130 4×2 avec peinture métal : 32 910€
Nissan Qashqai Tekna 1.6 dci 130 4×2 X-Tronic avec peinture métal : 34 410€

Remerciements à l’ensemble de l’équipe Nissan pour leur accueil et leur disponibilité durant cet essai.

Auteur: Frédéric

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