Renault ne transforme pas l’essai?

Un peu de sport pour débuter cette nouvelle semaine…

Si Citroën est depuis peu partenaire de l’équipe de France, et que Peugeot se plaît à sponsoriser plusieurs sports (tennis, golf, rugby, foot,..), Renault est depuis plus de deux ans partenaire officiel de la Fédération Française de Rugby (FFR).

Un sponsoring qui coûte cher à la marque au Losange (entre 2,5 et 3 millions d’Euros par an) et qui, pour le moment, ne semble pas porter ses fruits. En effet, dans un entretien accordé au Figaro, un porte-parole de la marque annonce en « attendre plus de la part de la FFR ». Il est vrai que Renault s’est beaucoup investi : campagnes médiatiques importantes, séries spéciales, présence et fourniture d’une flotte lors d’événements,… la marque n’a pas ménagé ses efforts.

Un partenariat que Hervé Gros, Directeur de la Communication Commerciale de Renault, ne juge pour le moment pas « gagnant-gagnant ». Ce qui est pourtant, lors de tels investissements, le but de l’opération. Il affirme même « De même que nous aidons la Fédération à promouvoir le rugby, via entre autres, les 7000 séries limitées au nom du XV de France, la fédération doit nous aider à professionnaliser notre relation au rugby ».

Du côté de la FFR, le son de cloche est totalement différent. Lionel Laffitte, directeur marketing et communication de la FFR, s’est également confié au Figaro : « Nous nos autres partenaires (Société Générale, GMF, Orange et Nike) sont unanimes pour dire qu’ils sont satisfaits de notre politique de sponsoring ». La FFR, pour répondre aux petites attaques de Renault, fait même intervenir d’autres partenaires : «Elle (la FFR) a limité le nombre de ses partenaires officiels à cinq, afin de donner à chacun la même visibilité. C’est un bon choix » commente l’un deux.

Toutefois, le problème de notoriété n’est pas ce qui gêne Renault. Le premier constructeur automobile de France n’a pas besoin d’augmenter sa visibilité en France. Son objectif est d’être reconnu comme un acteur majeur du rugby et ainsi pouvoir plus facilement lier son image aux valeurs de ce sport. Un peu comme le fait Peugeot.

Il est vrai que Renault n’apparait pas encore dans les cinq sponsors du rugby reconnus par le grand public, comme le montre ce graphique réalisé par le Figaro et Rugbyscope.

Doit-on alors y voir un désengagement de Renault du rugby? Si la collaboration entre la marque et la FFR continue dans des relations si délicates, c’est fort probable. Renault se dit d’ailleurs prêt à rester dans le rugby via un club plus qu’au travers de la Fédération tout entière. Car là, la reconnaissance est plus immédiate. Un peu comme Peugeot qui est depuis longtemps associé au rugby via la seule équipe du Stade Toulousain. Un partenariat qui s’était d’ailleurs révélé décisif pour le Lion en 2006 pour devenir la voiture officielle de la coupe du monde de ce sport qui s’est déroulée en France.

Mais à l’inverse de ce dernier, pas question pour Renault de sponsoriser simultanément plusieurs sports. Hervé Gros explique d’ailleurs avoir été récemment contacté par la Fédération Française de Football et par le PSG, mais a décliné ces deux propositions. « Tant que nous serons partenaires du rugby, nous ne pourrons pas être associés au football. Le rugby ne pâtit pas du côté inaccessible en matière d’image du football. C’est encore un sport qui véhicule des valeurs de proximité et de simplicité qui sont les nôtres » selon Hervé Gros.

Renault attend donc un véritable travail de collaboration et de communication avec la FFR. Le constructeur propose donc d’ailleurs la création d’un club de sponsors, sous l’égide de la FFR, avec la mise en place d’actions sociales communes avec les autres sponsors officiels de la fédération. C’est par exemple ce qui existe très bien dans le tennis ou encore avec le cyclisme puisque pour ces deux sports, les sponsorts Peugeot et Skoda s’investissent tout au long de l’année avec les autres sponsors pour des événements locaux.

La FFR n’y est pas opposée, mais tout cela prend du temps. Elle doit composer avec l’ensemble de ces partenaires, souvent historiques. Et ne peut juste procéder selon les désidératas de Renault, sponsor certes, mais depuis deux ans seulement, alors que la Société Générale, Orange ou la GMF, toutefois pas opposées au projet, sont des partenaires « historiques ».

Comme le conclut le Figaro, 2011 sera sans doute une année décisive dans ce partenariat. Toutefois, avec des rapports plus que tendus entre les deux parties, il est difficile de voir une issue positive. Renault est semble-t-il pressé de récupérer les bénéfices de ce sponsoring… Mais le dernier arrivé risque, à trop vouloir bousculer les codes, être vite éjecté. Et quand on voit la popularité grandissante du rugby en France, on se dit que la FFR n’aura aucun mal à trouver un autre sponsor. Alors peut-être que la marque devrait prendre son mal en patience et essayer de s’entendre avec la FFR….

Sources et Iconographie : Renault, Peugeot, Youtube, lefigaro.fr, AM.

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